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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 15:03

PIQURE de TIQUE et Borréliose de LYME
(Dr. T. Fierobe le 07/02/2007 - d'après la 16e conf. de consensus en thérapeutique antiinfectieuse - Déc.2006)

Une piqûre de tique : expose à la transmission d'agents pathogènes bactériens. Il faut rechercher d'autres lieux de piqûres sur l'ensemble du revêtement cutané, les localisations les plus habituelles étant aisselles, plis du genou, région génitale, cuir chevelu.
La V.A.T. doit être systématiquement vérifiée et éventuellement refaite !

Le risque de transmission de Borrelia burgdorferi sl. dépend du taux d'infestation des tiques et du temps d'attachement de la tique à la peau. Aussi, il faut retirer la tique le plus rapidement possible de manière mécanique (pince spécifique se trouvant dans la réserve). En France, le risque d'infestation existe dès les premières heures d'attachement et s'accroît avec le temps, devenant élevé dès la 48e heure.

Il est déconseillé de retirer une tique avec des substances "chimiques" (alcool, ether, vaseline, essence) du fait du risque de régurgitation de la tique et d'augmentation du risque de transmission : il ne faut donc désinfecter la piqûre qu'APRES ablation de la tique. Après désinfection, la zône doit être surveiller pour dépister l'apparition d'un Erythème Migrant.

L'Erythème Migrant : est la manifestation de la phase primaire de la maladie de Lyme, et en affirme à lui seul le diagnostic (aucune sérologie n'est nécessaire).
Il apparait quelques jours voires plusieurs semaines après la piqûre : MACULE ANNULAIRE ERYTHEMATEUSE de plusieurs centimètres de diamètre, à croissance centrifuge avec souvent un éclaircissement central.

Le séro-diagnostic de Borréliose : est fait par méthode Elisa, à confirmer par Western Blot s'il est positif !! Auncune sérologie n'est indiquée si :

  • - Sujets asymptomatiques
  • - Dépistage systématique de sujets exposés
  • - Piqûre de tique sans manifestation clinique
  • - Eythème migrant typique
  • - Contrôle de patients traités

L'Antibioprophylaxie : systématique après piqûre de tique n'est pas recommandée !
En zône d'endémie, elle ne se discute qu'au cas par cas dans les situations à haut risque de contamination : piqûes multiples, long délai d'attachement, fort taux connu d'infestation
          - AMOXICILLINE : 3g/j. pdt 10-14 jours per os
    ou - DOXYCYCLINE : 200mg per os monodose

Chez la femme enceinte, il n'y a pas de risque infectieux supplémentaire ni risque de malformation foetale lié à la Borréliose, donc pas de recommandation spécifique. Si une antibiothérapie est décidée, il fait utiliser l'amoxicilline pendant 10 jours per os.

Il en va de même chez l'enfant de moins de 8 ans : Amocilline 50 mg/kg/jour pdt 10 jours.

Chez l'immunodéprimé, il existe un risque théorique accru de dissémination de Borrélia. L'antibiothérapie sera soit la Doxycycline monodose, soit l'amoxicilline pendant 21 jours.

Rappeler les mesures de protection : aux professionnels et aux sujets exposés.
La protection mécanique repose sur le port de vêtements longs et fermés.
Les répulsifs cutanés peuvent être recommandés en zône d'endémie, exceptés chez l'enfant de moins de 30 mois :

  • - DEET, IR 35/35 et citriodiol sont recommandés par l'AFSSAPS pour les moustiques mais peuvent également être appliqués contre les tiques
  • - l'IR 35/35 est seul utilisable en cours de grossesse
  • - les répulsifs vestimentaires (permethrine) peuvent être utilisés sauf chez le jeune enfant, en cas d'expositions itératives en zône de forte endémie (sud ouest en France).

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Published by Dr Thierry FIEROBE - dans Maladies infectieuses